Odradek / Pupella-Noguès

Pôle de création et développement pour les arts de la marionnette

Pierre Tual

1) Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

Cet automne je suis sur deux créations en même temps. Avec la Cie Zusvex en Bretagne, nous travaillons sur Cent culottes et sans papiers, écrit par notre ami et auteur associé Sylvain Levey. C’est un texte magnifique et très fort qui pose la question de l’usure des valeurs de notre vieille république française. Je joue et je partage la mise en scène avec deux autres comédiennes.
Avec la metteur en scène norvégienne Yngvild Aspeli, je travaille sur Opéra Opaque, et j’ai le plaisir de jouer avec Polina Borisova que vous connaissez bien chez Pupella-Noguès. Ce spectacle sera un mini-cabaret marionnettique sur la peur, une création sans parole, très clownesque et visuelle. Il y aura de la marionnette à taille humaine, comme dans notre précédent spectacle Signaux. Mais aussi du théâtre d’ombres. Ça parlera d’angoisse, de mort, il y aura des gens poursuivi dans la nuit, des monstres, des morts-vivants… Je pense qu’on va bien s’amuser. Les premières auront lieu à Dijon en février, et le spectacle ira se promener plusieurs semaines en Norvège. Et puis j’ai aussi en tête un nouveau projet (qui cherche encore un titre) dans la suite de mon premier solo Naufrages. Il s’agira d’un spectacle sur l’anxiété qu’on ressent face au temps qui passe, sur la nécessité de faire des choix pour avancer. Le sujet est lourd mais on veut en faire une comédie ! Je serai seul en scène, mais je serai très bien entouré, par des gens avec lesquels j’adore travailler : Yngvild Aspeli à la mise en scène, Polina Borisova pour construire les marionnettes, Laura Sillanppää à l’écriture, Guillaume Hunout au piano (parce qu’il y aura du chant)… Beaucoup de projets, c’est très excitant. Je continue aussi avec joie mon chemin avec l’équipe du Tas de Sable – Ches Panses Vertes auprès de qui j’ai été compagnon et avec qui je garde des liens forts. Puis il y a le Collectif Grand Réservoir - avec 15 marionnettistes que j’ai rencontré à l’ESNAM. Bref, c’est pas mal touffu !

2) Est-ce que ça va ?

Dans l’ensemble oui, on peut dire que ça va très bien. J’ai beaucoup de plaisir à exercer mon métier, de plus en plus au fur et à mesure que je chemine. Je suis entouré d’artistes que j’admire beaucoup et qui m’apportent énormément, j’observe, on échange, j’apprends. Et puis ce sont de belles personnes, généreuses. C’est important, je pense qu’on n’a pas de vrai talent sans beaucoup d’humanité. Alors oui vraiment ça va et pourvu que ça dure !

3) Qu’est-ce qui ne va pas ?

Rien de vraiment important. A part que tous ces beaux projets m’empêchent d’être chez moi à Bruxelles : j’adore ma ville. A part que ma maison me manque souvent, je suis très casanier, ce qui n’est pas une bonne idée pour un comédien. A part que j’aimerai passer plus de temps avec mon amoureux, c’est le plus important… Mais à part ça, ça va, ça va ! C’est important de dire quand ça va de nos jours. On le dit pas assez… Ça va très bien ! Merci !

Pierre Tual, novembre 2012

À voir aussi...