Odradek / Pupella-Noguès

Pôle de création et développement pour les arts de la marionnette

Images choisies :

Les marionnettes ne passent pas la main !

"Ubu(s)", par la compagnie Pupella-Noguès : pas de texte et une seule marionnette, pour revisiter un classique de la littérature dramatique
Le décor est étonnant : au plafond, de part et d’autre d’un écu rouge vif portant un aigle, plusieurs ampoules et divers chandeliers électriques.
Au centre de la scène, une table avec riches porcelaines et reliefs de banquet.
Très vite, un petit cochon au poil jaune, manipulé par deux marionnettistes impassibles et vêtus de noir, vient gambader sur la table en grognant et en fourrant son groin dans les plats. Ce drôle de mammifère représente Ubu, reconnaissable à la Gidouille dessinée sur son ventre. Rapidement, le porcelet fait tomber l’aigle royal mentionné plus haut, et pose la couronne du volatile déchu sur sa propre tête.
Les deux manipulateurs deviennent alors comédiens et, affublés d’un nez postiche et porcin, incarnent les serviteurs du royaume chargés de dresser la table et de servir la fameuse merdre.
Malgré le fait que certains traits de caractère du Père et de la Mère Ubu ne soient pas représentés dans ce spectacle (la cruauté, la perfidie…), que ce dernier ne compte que trois personnages (la marionnette et les deux comédiens) contre une trentaine pour la pièce originale, et enfin que les trois personnages en question ne s’expriment que par onomatopées, l’univers grotesque et grinçant d’Alfred Jarry est bien repercuté.