Odradek / Pupella-Noguès

Pôle de création et développement pour les arts de la marionnette

Ismaïl Safwan, Compagnie Flash Marionnettes

1) Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Un Pinocchio qui se prépare pour octobre, ça fait un moment qu’on la guettait du coin de l’œil, la marionnette rebelle, marrante et tête-à-claques, eh bien nous y voilà... et un Cabaret Flash en ouverture toute proche (le 4 mars !) des Giboulées du TJP de Strasbourg, comme un voyage, pour le public mais pour nous aussi, dans quelques scènes-miroir d’un passé pas si lointain — l’occasion, aussi, de montrer avec jubilation, une fois et une seule, un texte inédit de Philippe Dorin pour lequel pas moins de huit marionnettistes seront nécessaires, trente minutes de doux délire grinçant et gondolant... et plus loin encore, un spectacle léger, tout léger, une table noir et des marionnettes, c’est tout, ah ! voyager en break, avec deux ou trois cantines remplies de marionnettes pour tout matériel — le thème ? la télévision, cette engeance... on va haïr, on va rire...

2) Est-ce que ça va ?

...et les tournées qui nous prennent tant de temps, et les compagnons de route, tous ces théâtres qui nous accueillent avec une telle fidélité, quelle chance est la nôtre ! et le bonheur de chercher, d’écrire, de fabriquer sans cesse, de pouvoir faire notre métier sans se sentir seuls dans le désert, et les rencontres, les comédiens, les collègues que nous croisons si souvent sur nos routes, discussions passionnées tard le soir dans les bistrots, et l’angoisse de la création qui est toujours la même, dieu merci, et notre dernier spectacle qui est toujours celui qu’on préfère — là, tout récemment, c’est La Polyphone, notre plus folle aventure — et les années qui s’égrènent trop vite mais ne parviennent pas à nous faire douter...

3) Qu’est-ce qui ne va pas ?

Si, parfois on doute quand même, les temps se durcissent pour tous, les acteurs de « la culture », tous métiers confondus, qu’on sent de plus en plus inquiets, et cela donne parfois de l’égoïsme, et cela donne parfois de la déloyauté... et la « surproduction », ce sésame à l’envers utilisé pour fermer les portes à tant de compagnies, pour dégoûter d’un beau métier tant de ces artistes, de ces techniciens, qu’on appelle « intermittents »... mais on s’est battu, on se battra, et on n’en restera jamais à ce qui ne va pas.

Ismaïl Safwan, février 2005

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